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Le Souverain or : la monnaie britannique

Le Souverain or est une pièce emblématique du Royaume-Uni ; un symbole du pouvoir politique anglais qui a traversé plus de 500 ans d’histoire. Tour à tour, la monnaie a été frappée à l’effigie du monarque régnant, depuis Henry VII, son créateur, jusqu’à la reine Elisabeth II. Cette ancienneté a contribué à asseoir sa reconnaissance internationale et sa notoriété dans le monde de la numismatique. Entrons dans l’histoire du Souverain.

Histoire du Souverain.

Le Souverain du XVe siècle

Le Souverain est une pièce anglaise, en or, créée sous l’impulsion du roi Henry VII. Après un exil de 14 ans en Bretagne, il reconquiert sa place de roi en 1485 et décide de créer une monnaie pour redorer son blason et asseoir son pouvoir. Il veut affirmer la puissance du royaume auprès du Portugal et de l’Espagne, les empires européens ennemis. Quatre ans après, en 1489, le premier Souverain en or est frappé. La monnaie doit obligatoirement figurer sur l’avers le profil du souverain, d’où son nom. Le revers représente Saint-Georges terrassant le dragon.

Cette version sera frappée jusqu’en 1603 à la fin du règne d’Elisabeth Ier. Le Royaume-Uni, alors désuni, perd sa puissance au profit de la France et de ses Louis d’or.

Le Souverain de 1817

La version plus moderne du Souverain d’or, encore frappée aujourd’hui, réapparaît seulement 200 ans plus tard, en 1817, sous le règne de George III. L’Angleterre rayonne à nouveau et le gouvernement en profite pour réorganiser la Monnaie Royale.

Le Souverain continue de véhiculer l’image d’un empire britannique puissant.

Elle devient une pièce de circulation populaire, principalement utilisée dans le commerce international, à l’image du dollar aujourd’hui. Étant donné l’étendue géographique de l’empire, elle a été frappée aux quatre coins de la planète, dans les colonies, et en grande quantité, entre 1850 et 1932. D’abord en Australie, puis au Canada, en Afrique du Sud et en Inde. Au total, on estime à plus d’1 milliard le nombre de pièces frappées.

En 1914, les Souverains or sont retirés de la circulation, pour aider la Grande-Bretagne à financer la Première Guerre mondiale, L’Angleterre abandonne alors l’or comme unité monétaire au profit du papier-monnaie. Cependant, la Banque National de Londres continue la frappe du Souverain jusqu’en 1917 ; les ateliers du Commonwealth jusqu’en 1932. En 1957, elle reprend suite à la demande. Elle continue encore aujourd’hui, mais uniquement pour délivrer des pièces d’investissement et destinées aux collectionneurs. Bien que le Souverain ne soit plus en circulation, il a toujours cours légal au Royaume-Uni.

Les caractéristiques de la monnaie.

En 1817, lorsque l’on décide de frapper à nouveau des pièces de Souverain or, la grande réforme monétaire met en place de nouvelles caractéristiques techniques. Un souverain sera équivalent à une Livre Sterling ou à vingt shillings, sans pour autant avoir de valeur faciale.

Il est depuis resté constant dans son design et dans ses caractéristiques. Il pèse 7,899 grammes, pour un diamètre de 22 millimètres. La pièce est en or de 22 carats, pour un titrage de 916,67‰. Elle est composée de 90 % d’or et de 10 % d’alliage à base de cuivre.

Il existe des variantes du souverain or :

  • le demi-souverain, d’un poids de 3,99 grammes pour un diamètre de 19,30 mm ;
  • le quart de souverain, qui pèse 1,997 grammes et fait 13,50 mm de diamètre ;
  • le double souverain, 15,98 grammes, 28,40 mm de diamètre ;
  • le quintuple souverain, 36,02 grammes, 39,94 mm de diamètre.

Son avers représente toujours le profil et le nom du souverain sur le trône avec les différents rois qui se sont succédés :

  • George III (1817-1820)
  • George IV (1821-1830)
  • William IV (1831-1833, 1835-1837)
  • Victoria (1837-1901)
  • Edouard VII (1901-1910)
  • George V (1910-1936)
  • George VI (1936-1952)
  • La Reine Elisabeth II (depuis 1952)

Au sein du même règne, les portraits évoluent en fonction de l’âge du monarque. Ils sont frappés tantôt à tête nue, à tête laurée, jeunes, vieux, etc. En 2020, on dénombrait dix-sept pièces différentes.

Le revers de la pièce est légèrement modifié, non sur le thème qui reste le même, mais sur sa facture. On fait appel au graveur italien Benedetto Pistrucci pour dessiner une nouvelle version du fameux St-Georges terrassant le dragon. Ses initiales « B P » sont d’ailleurs visibles sur le Souverain.

Si vous êtes intéressé par ce type de monnaies, sachez que notre boutique propose régulièrement des Souverains or à la vente.

Sources :
Bdor
Wikipédia
Pièce Souverain or
Au Coffre

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