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5 monnaies grecques prestigieuses

L’histoire et les fouilles archéologiques s’accordent à dire que la monnaie serait née en Asie Mineure, au VIIe siècle avant J.-C. Dans le pays légendaire de Crésus, en Lydie, les premières monnaies sont frappées en électrum. Ce sont des petites pièces de formes irrégulières, en alliage d’or et d’argent. Très vite, le monnayage se perfectionne et se répand dans toute la Grèce antique. L’esthétisme évolue, les techniques et les savoir-faire aussi. De véritables chefs d’œuvre sont frappés durant toute l’Antiquité grecque, jusqu’à l’invasion romaine. Voici une sélection de 5 monnaies grecques les plus prestigieuses.

Le tétradrachme d’Aetna

Le tétradrachme d’Aetna est une pièce d’argent frappée entre 476 et 461 avant J.-C., en Sicile. On surnomme cette monnaie la « Mona Lisa de la numismatique », ce qui montre l’importance et laisse entrevoir la qualité de sa facture. Elle est conservée à la Bibliothèque royale de Belgique.

La provenance de la pièce est confirmée par son inscription ATNAION sur l’avers, qui signifie Aetna. La ville se trouvait à l’est de la Sicile, sur les flancs de l’Etna. On trouve également sur ce côté la représentation de Silenus, le professeur de Dionysos, accompagné d’un scarabée. Au revers, Zeus tient dans sa main gauche un éclair et dans sa main droite un bâton.

Ces symboles sont ceux de la ville d’Aetna : la cité cultivait du vin et on y trouve les plus grands scarabées au monde. Zeus, pour sa part, était le dieu protecteur du volcan.

tétradrachme pièce grecque
©wikimedia – Paul Hermans

Décadrachme de Syracuse

D’un diamètre de plus de 30 mm et d’un poids dépassant le 40 grammes, les décadrachmes de Syracuse sont des monnaies exceptionnelles. L’un d’eux est conservé au Musée des Beaux-arts de Lyon. Il date des années 400 avant J.-C. et est considéré comme l’un des plus beaux exemplaires connus.

Sur l’avers, est représenté un quadrige au galop conduit par un aurige, tenant les rênes et le kentron. Il est couronné par une Niké volant au-dessus. La finesse du dessin traduit un effet de mouvement et de vitesse, les chevaux paraissent décoller vers le ciel. Sur le revers, le portrait d’Aréthuse est entouré de quatre dauphins. Ce dessin a été réalisé par Evainète, un maître graveur sicilien reconnu à Syracuse, comme l’indique l’inscription en bas.

L’équipement de l’aurige laisse penser que cette monnaie aurait été spécialement confectionnée pour un événement : les jeux après la défaite athénienne de 413. En effet, des jeux étaient organisés tous les quatre ans à Syracuse, à l’image d’Olympie.

Tétradrachme en argent d’Agrigente

Cette monnaie en argent a été frappée entre 409 et 406 avant notre ère, dans l’atelier d’Agrigente, en Sicile. La ville est fondée au VIe siècle avant J.-C. Prospère, elle commence le monnayage rapidement, avant d’être détruite en 406, au moment de l’invasion carthaginoise.

De degré de rareté R3, il existe moins de 1 000 exemplaires de ce tétradrachme d’Agrigente, dans le monde. Celui-ci est conservé dans un état classé TTB+, car on observe un éclatement en bas de la pièce. Il a été vendu 22 000 euros en 2011.

Sur l’avers, un quadrige galopant est mené par Niké, qui tient le kentron dans sa main droite et les rênes dans la main gauche. Sur le revers, deux aigles s’agitent. Le premier a la tête tournée vers le ciel, le second déploie ses ailes et s’attaque à un lièvre, couché au sol. Les détails des dessins sont remarquables. La technique maîtrisée permet d’insuffler du mouvement à la pièce.

Tétadrachme d’Alexandre le Grand

Ce tétadrachme d’argent est beaucoup plus commun que les précédents. Et pourtant, un exemplaire du tétadrachme d’Alexandre le Grand s’est vendu 17 000 euros, car son état est considéré comme l’un des plus beaux au monde.

Alexandre le Grand a été roi de Macédoine de 336 à 323 avant J.-C., il a donc fait frapper cette monnaie durant ces années-là, à Amphipolis, l’un de ses deux grands ateliers, avec Pella.

Dans la Grèce antique, personne n’était autorisé à se faire représenter sur les monnaies. Pourtant, sur l’avers, c’est bien le portrait d’Alexandre le Grand que l’on découvre, mais idéalisé sous les traits d’Héraclès. En effet, dans le royaume de Macédoine, les rois prétendaient descendre du Dieu. C’est la raison pour laquelle, il est très souvent représenté sur les monnaies grecques depuis le Ve siècle. Sur le revers, un autre dieu, Zeus Aetophoros (porteur d’aigle), est assis sur son trône.

L’un de ces tétradrachmes d’Alexandre le Grand est conservé au Musée des Beaux-arts de Lyon.

©wikimedia – Marie-Lan Nguyen

Triassaria d’Amastris

Cette monnaie en bronze, avec des patines brunes, est aussi classée en R3. Elle pèse 12,5 grammes pour 25,5 mm de diamètre et a été vendue 2 600 euros en 2014. Elle date des années 139-180 avant Jésus-Christ.

On remarque au centre de la pièce, de chaque côté, le trou de centrage. Sur l’avers, on distingue le buste drapé d’Homère avec ses inscriptions OMH-ROS. Sur le revers, le Dieu-Fleuve Parthénios est allongé, torse-nu. Il tient dans la main droite une proue de navire et dans la main gauche, un roseau. Il protège et arrose Amastris, une des villes du poète Homère, dont le nom est inscrit sur la pièce. Amastris était aussi un port important de la mer Noire, à l’époque hellénistique.

Ce triassaria d’Amastris montre, encore une fois, l’attachement des cités à apposer leurs symboles sur leurs monnaies. De cette manière, elles pouvaient montrer, dans l’ensemble de l’Empire Grec et au-delà, leur force et puissance.

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Sources :
Wikipédia
L’empire des monnaies : chaîne et site web
Musée des Beaux-arts de Lyon
Cgb
Musée Saint Raymond