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L’Union Latine : un pan de l’histoire numismatique européenne

Dans l’univers fascinant de la numismatique, l’Union Latine se dévoile comme une épopée monétaire aux multiples facettes. Cette alliance entre différentes nations, créée à la fin du XIXe siècle, a laissé une empreinte sur les pièces de monnaie émises par ses membres-fondateurs. Plongeons dans l’histoire de l’Union Latine qui captive encore aujourd’hui les numismates.

L’origine de l’Union Latine

L’histoire de l’Union Latine trouve ses racines dans le contexte de la fin du XIXe siècle. Le climat économique changeant et des ambitions communes ont conduit à la formation de cette union monétaire unique.

Ses membres-fondateurs sont la France, la Belgique, la Suisse et l’Italie. À l’initiative de l’Empereur des Français, Napoléon III, ces nations européennes ont mis en place un moyen novateur pour renforcer leurs liens économiques et faciliter le commerce.

C’est au cours de la convention de Paris, le 23 décembre 1865, que l’appellation Union Latine voit le jour et que ses règles de monnayage sont définies. L’objectif est clair : établir une coopération monétaire solide entre les nations participantes. Ces dernières voyaient dans cette union l’opportunité de simplifier leurs échanges commerciaux en standardisant les monnaies nationales. En instaurant un système de conversion basé sur l’or, ces monnaies avaient une valeur stable et harmonisée. Concrètement, les monnaies circulaient librement, et il devint possible de faire ses courses en Belgique ou en France avec des lires ou des francs suisses !

Un état d’esprit

L’histoire de l’Union Latine ne se limite pas à un simple accord économique. Elle reflète les aspirations d’une époque marquée par des idées de solidarité et d’unité, unissant des nations diverses sous une bannière commune. L’Union Latine est la première union monétaire de l’Histoire. À la manière de l’Euro, chaque pays éditait ses propres pièces tout en s’alignant avec les divisions monétaires, pour permettre la circulation des monnaies dans toute l’Union Latine.

Les caractéristiques communes des monnaies de l’Union Latine

Les pièces de monnaie émises par les membres de l’Union Latine ne sont pas seulement des artefacts métalliques, mais également des témoins de cette période historique.

Les monnaies frappées au sein de l’Union Latine sont devenues des témoins visuels de cette collaboration économique. Le franc français, le franc belge, la couronne suisse, la lire italienne et sarde, portaient la marque distinctive de leur pays d’origine (effigies nationales et icônes culturelles), tout en partageant un socle commun et une valeur commune. L’Union Latine, en standardisant partiellement les caractéristiques des pièces, a créé une harmonie tout en préservant la richesse de chaque culture.

L’unité de référence a été définie dans le cadre de la Convention de Paris et a pris effet le 1er août 1866. Elle définissait différents principes dont :

  • le plafonnement de l’émission des monnaies divisionnaires de 2, 1, ½ et 1/5e d’unité de compte ;
  • le maintien des unités de compte nationales ;
  • le bimétallisme intégral (utilisation simultanée des monnaies d’or et d’argent) ;
  • la libre circulation des monnaies à l’intérieur de l’Union.

L’élargissement de l’Union Latine

Le 8 octobre 1868, 4 ans après la Convention de Paris s’ajouta la Grèce. Puis d’autres pays rejoignirent l’Union Latine : l’Autriche-Hongrie, la Suède, la Finlande, la Russie, la Roumanie, l’Espagne, le Vatican, Saint-Marin, le Liechtenstein, Monaco et la Crète seront signataires d’accords bilatéraux.

Par exemple, la pièce de 5 francs française était en argent, avec un titre de 900/1000, pesait 25 grammes et avait un diamètre de 37 mm, tout comme le 5 francs Léopold II, le 5 francs Hercule, les 5 lires Victor-Emmanuel II, les 5 drachmes George I et les 5 pesetas Alfonso XII.

De même pour la pièce de 20 francs. Les 20 francs Napoléon I, Albert I et Leopold I étaient toutes semblables avec un titre en or de 22 carats, un poids de 6,45 grammes et un diamètre de 21 mm.

D’autres pays s’aligneront à la convention, sans pour autant la ratifier, comme le Venezuela, le Pérou, l’Argentine, le Brésil, le Chili, en Amérique du Sud et le Luxembourg, la Serbie, en Europe.

Les pays sous statut colonial comme les Comores, le Congo belge, l’Érythrée, Porto Rico, et la Tunisie furent automatiquement intégrés.

Au total, 32 pays finiront par adhérer à l’Union latine. On notera cependant l’absence le Royaume-Uni et de l’Allemagne.

Le traité de 1865 sera progressivement vidé de sa substance. La 1ère Guerre Mondiale et son contexte géopolitique mettront définitivement un terme à l‘Union latine. Dissoute le 1er janvier 1927, elle demeure une pierre angulaire de l’histoire numismatique européenne. Les pièces émises à l’époque de l’Union Latine continuent d’attirer l’attention des collectionneurs du monde entier et de résonner à travers les pièces de monnaie qui ont survécu aux tumultes de l’histoire.

Sources :
Au Coffre
Wikipédia
Hérodote
Bureau Monnaie

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